Quelle différence entre les trois techniques les plus courantes : laser, lumière pulsée et électrolyse ? Laquelle est la plus efficace pour un résultat durable ?
Ces trois techniques sont assez différentes, même si elles sont parfois présentées de manière similaire au grand public.
Le laser médical émet une lumière à une longueur d’onde très précise, absorbée par la mélanine du poil. Cette énergie se transforme en chaleur et vient endommager le follicule afin de réduire durablement sa capacité à produire un nouveau poil.
Avec les lasers Alexandrite ou Nd couramment utilisés en dermatologie, le traitement se fait généralement par tirs successifs. Chaque tir traite une petite surface de peau, appelée « spot », et le praticien progresse méthodiquement sur l’ensemble de la zone.
- La lumière pulsée, ou IPL, fonctionne différemment. Elle n’est pas un laser : elle émet des flashs comprenant un spectre beaucoup plus large de longueurs d’onde. Cette distinction n’est pas seulement sémantique : les autorités sanitaires classent bien l’IPL comme une technologie lumineuse non-laser.
- L’IPL peut obtenir une réduction de la pilosité et présente souvent l’avantage d’être plus confortable. En revanche, son action est moins sélective et les résultats à long terme sont généralement moins importants et moins prévisibles qu’avec un laser médical correctement choisi et correctement paramétré. Plusieurs études comparatives retrouvent ainsi une réduction pileuse durable supérieure avec le laser.
Il faut donc être encore plus prudent avec la notion d’« épilation définitive » lorsqu’on parle d’IPL. Il s’agit avant tout d’une technique de réduction de la pilosité, qui nécessite souvent davantage de séances et plus d’entretien dans le temps qu’un laser médical bien indiqué.
Cette distinction est importante car le mot « laser » est encore parfois employé de manière imprécise dans certains discours commerciaux, alors qu’une IPL et un laser sont deux technologies différentes.
« Il faut être très clair avec les patients : une lumière pulsée n’est pas un laser. Avant de commencer un traitement, il faut savoir précisément quelle technologie va être utilisée. » — Dre Caroline Pouget, dermatologue, Clinique Renécia
- La diode, en revanche, est bien un laser. Certains lasers diode sont utilisés avec une pièce à main déplacée continuellement sur la peau, délivrant de très nombreuses impulsions rapprochées, ce qui peut donner une impression de traitement continu.
À la Clinique Renécia, la Dre Caroline Pouget privilégie les lasers médicaux lorsque le phototype et la pilosité s’y prêtent, afin d’obtenir un traitement précis et une réduction pileuse aussi durable que possible.
- L’électrolyse, ou épilation électrique, fonctionne encore différemment : chaque follicule est traité individuellement à l’aide d’une très fine sonde. Son grand avantage est que son efficacité ne dépend ni de la couleur du poil ni du phototype de la peau. Elle permet donc notamment de traiter les poils blancs, roux ou très blonds, que le laser ne peut pas correctement cibler faute de mélanine. Elle est également très intéressante sur certaines petites zones, notamment au niveau du visage, lorsque le laser n’est pas la meilleure indication. Sa limite est qu’elle se pratique poil par poil et devient donc très fastidieuse sur de grandes surfaces.
À la Clinique Renécia, la Dre Caroline Pouget la considère surtout comme un excellent complément du laser, notamment pour le visage, les poils clairs ou quelques poils résiduels.
Le choix de la technique dépend-il de la zone épilée : maillot, visage, aisselles, jambes… ou du phototype et de la pilosité ?
Il dépend des deux.
Un poil foncé et épais constitue une excellente cible pour le laser. À l’inverse, un poil blanc ou très blond ne contient pas suffisamment de mélanine pour être efficacement ciblé.
Le phototype est également essentiel. Avec le bon laser et des paramètres adaptés, il est possible de traiter tous les phototypes, mais les peaux foncées nécessitent davantage de précautions.
La zone compte aussi beaucoup. Le maillot, les aisselles et les jambes répondent généralement très bien au laser lorsque le poil s’y prête.
Le visage féminin est en revanche une zone plus délicate. Les poils y sont souvent plus fins et davantage influencés par les hormones. Sur certains duvets ou poils fins, un traitement inadapté peut provoquer une repousse paradoxale, c’est-à -dire stimuler une pilosité qui était auparavant peu visible.
C’est pour cette raison qu’à la Clinique Renécia, la Dre Caroline Pouget considère que la qualité de l’indication est au moins aussi importante que la qualité de la machine : tous les poils ne doivent pas être traités au laser.
L’épilation définitive est-elle vraiment définitive ? Certaines techniques sont-elles plus sujettes à un retour du poil à plus ou moins long terme ?
Le terme « épilation définitive » est un peu trompeur. Il est plus juste de parler, pour le laser, de réduction pileuse durable.
Après un protocole bien conduit, une très grande partie des poils peut disparaître durablement et ceux qui persistent ou réapparaissent sont généralement moins nombreux et plus fins.
Mais aucun médecin ne peut garantir qu’aucun poil ne repoussera jamais. La pilosité évolue au cours de la vie et peut notamment être influencée par une grossesse, la ménopause, certains troubles hormonaux ou certains traitements.
C’est particulièrement vrai au niveau du visage féminin. Les résultats obtenus sur les jambes, les aisselles ou le maillot sont généralement beaucoup plus stables.
Concernant l’IPL, il faut être encore plus mesuré : elle peut produire une réduction durable de la pilosité, mais les résultats à long terme sont globalement moins importants et moins prédictibles qu’avec les principaux lasers médicaux. Une revue des études de suivi à long terme retrouvait notamment des réductions moyennes plus modestes avec l’IPL.
Avec l’électrolyse, un follicule correctement détruit ne produit plus de poil, mais d’autres follicules jusque-là peu actifs peuvent se développer ultérieurement.
Des séances d’entretien ponctuelles peuvent donc rester nécessaires au cours de la vie.
Combien de séances sont généralement nécessaires pour obtenir un résultat durable ?
Selon les études cliniques, le nombre et le rythme des séances varient beaucoup selon la technologie utilisée, la zone traitée et le patient. Pour donner des ordres de grandeur pratiques :
- Laser : environ 8 à 10 séances chez la femme et plutôt 10 à 12 chez l’homme, parfois bien davantage. Les séances sont généralement espacées d’environ 6 à 8 semaines au départ, puis le rythme est adapté à la repousse.
- Lumière pulsée (IPL) : il faut généralement envisager un protocole au moins aussi long que pour le laser et souvent plus long. Pour donner un ordre de grandeur au patient, on peut facilement atteindre une dizaine de séances ou davantage, auxquelles peuvent s’ajouter des séances d’entretien. Les séances sont souvent espacées d’environ 4 à 6 semaines au départ. Le nombre est particulièrement difficile à standardiser car les performances varient énormément selon la qualité de l’appareil et ses paramètres. Surtout, multiplier les séances d’IPL ne permet pas nécessairement d’obtenir à terme la même réduction durable qu’avec un laser médical bien indiqué : les études comparatives montrent une efficacité à long terme généralement supérieure du laser.
- Électrolyse : il est difficile de raisonner en nombre de séances puisque le traitement se fait poil par poil. Sur une petite zone du visage, il faut souvent de nombreux rendez-vous répartis sur plusieurs mois, voire 12 à 18 mois. Au début, les séances sont généralement hebdomadaires ou toutes les deux semaines, puis progressivement espacées à mesure que la pilosité diminue.
Concernant le laser, la bonne observance du protocole est essentielle.
En pratique, le patient rase généralement la zone la veille de la séance. Il ne faut en revanche pas arracher les poils à la cire ou à l’épilateur entre deux séances, puisque le laser a besoin du poil présent dans son follicule pour pouvoir le cibler.
Après la séance, les poils traités tombent progressivement. Il faut ensuite attendre que de nouveaux poils arrivent dans une phase de croissance favorable au traitement. C’est ce cycle pilaire qui explique pourquoi les séances doivent être correctement espacées.
La séance suivante est généralement réalisée autour de 6 à 8 semaines plus tard, mais ce délai évolue selon la zone, le patient et l’avancement du protocole.
Il est donc essentiel de respecter le calendrier communiqué par le professionnel de santé. Des séances trop rapprochées ne sont pas plus efficaces et, à l’inverse, des intervalles excessivement longs peuvent ralentir considérablement le protocole et diminuer son efficacité globale.
« Les patients pensent souvent que seul le nombre de séances détermine le résultat. En réalité, leur observance est fondamentale : respecter le bon intervalle entre les séances fait partie intégrante du traitement. » — Dre Caroline Pouget, dermatologue, Clinique Renécia
Le nombre total de séances dépend donc du patient et de sa pilosité, mais également de sa régularité tout au long du protocole.
Existe-t-il des cas spécifiques qui justifient une prise en charge par l’Assurance Maladie ?
Oui. Une épilation réalisée à visée purement esthétique n’est pas prise en charge.
En revanche, en cas d’hirsutisme médicalement diagnostiqué, notamment dans certains contextes hormonaux comme le syndrome des ovaires polykystiques, l’épilation électrique, le laser ou la lumière pulsée peuvent, sous certaines conditions, faire l’objet d’une prise en charge par l’Assurance Maladie.
Il est important de préciser que ce n’est pas le médecin qui décide seul du remboursement. Son rôle est de poser le diagnostic et de fournir les éléments médicaux justifiant la demande, notamment à travers un compte rendu de consultation.
La patiente doit ensuite effectuer une demande auprès de sa CPAM. Une demande d’accord préalable peut être nécessaire et la décision finale appartient au service médical de l’Assurance Maladie, qui examine les situations au cas par cas.
Enfin, lorsqu’une femme présente une pilosité faciale importante, inhabituelle ou d’apparition récente, il est essentiel de ne pas uniquement traiter le poil : il faut également rechercher une éventuelle cause hormonale.
